Isabelle LEGLISE

Conférencière, France hexagonale

Isabelle Léglise est directrice de recherche au CNRS au sein du SeDyL (UMR8202-CNRS-INALCO-IRD) dont elle assure la co-direction. Sociolinguiste, elle a travaillé sur le multi/plurilinguisme, en Guyane, au Brésil et au Surinam, en particulier dans les domaines de l’éducation, de la santé et des mobilités transnationales. En Amazonie comme en Asie du Sud Est (Cambodge), elle est particulièrement sensible à la géopolitique de la production du savoir, aux théories des Suds et leur circulation. Elle coordonne la Fédération F3S (Sciences Sociales au Sud) qui associe des laboratoires de l’IRD abordant des enjeux majeurs à l’échelle globale : éducation, santé, migrations, dynamiques urbaines, inégalités, travail.

Elle est directrice de la collection “Contact and Multilingualism” chez Language Science Press, et membre du comité éditorial de plusieurs revues (Langage et Société, Sociolinguistic studies, Journal of Language Contact).

Quelques publications

Ouvrages

Exploring Language in a Multilingual Context: Variation, Interaction and Ideology in language documentation (2013, Cambridge University Press avec B. Migge, 359 pages),

In and out of Suriname: language, mobility and identity (2015, Brill, 290 pages, coord)

Pratiques et représentations linguistiques en Guyane. Regards croisés (réédition 2017, IRD Editions, 488 pages, coord)

Articles

« Langues de France des Outre-mer », « contacts de langues », « répertoire », « alternance codique », Langage et Société, Dictionnaire de sociolinguistique, hors-série 2021

‘Multilinguisme et hétérogénéité des pratiques langagières. Nouveaux chantiers et enjeux du Global South’ (Langage et Société 160-161, 2017)

‘Multilingualism and translanguaging as a resource for teaching and learning in French Guiana’ (The multilingual edge of education, Palgrave Macmillan, 2018 avec S. Alby)

« Documenter les parcours de familles transnationales : généalogies, biographies langagières et pratiques langagières familiales ». (In Politiques linguistiques familiales : enjeux dynamiques de la transmission linguistique dans un contexte migratoire, Munich, Lincom, 159-182. 2019)

Diffusion des connaissances 

Mots mêlés : une Guyane multilingue et plurilingue, un film d’Armelle Exposito et Isabelle Léglise (2018) https://youtu.be/7H1zjsnDCrM

Langues et Innovations numériques éducatives en Guyane (plateforme / état des connaissances et ressources pédagogiques) https://www.reseau-canope.fr/langues-et-innovations-numeriques-educatives-en-guyane.html/

Langues parlées par la population scolarisée en Guyane : https://leglise.cnrs.fr/

 

 

17:00 – 18:00

MoCA Mardi 26 octobre 2021

Conférence plénière : Multilinguisme des territoires, plurilinguisme des citoyens, monolinguisme des institutions ? Le cas de la Guyane

Si tous les territoires ultramarins présentent une grande diversité linguistique – 54 des 75 langues de France étant issues des Outre-mer, la Guyane est, sans doute plus que d’autres, l’illustration même d’un territoire fortement multilingue. Généralement pensée comme une mosaïque de communautés linguistiques et culturelles juxtaposées issues de mouvements de peuplement liés à l’histoire coloniale, à l’esclavage, au bagne ou aux migrations économiques ou politiques plus récentes, la Guyane contemporaine offre cependant de multiples facettes : des reconfigurations sociales et urbaines importantes, une population jeune et démographiquement très dynamique, une part importante de migrants venant de pays proches dans un contexte de mobilités transnationales traditionnelles, en même temps que des problèmes d’accès à l’eau, à l’électricité et aux services de l’Etat par exemple pour des villages isolés ou pour des personnes n’ayant pour certaines jamais été scolarisées en français.

 

Si la population guyanaise est souvent plurilingue, mêlant différentes langues au sein de leurs communications quotidiennes, la plupart des jeunes enfants ne parlent pas français avant d’être scolarisés. Alors que le français joue le rôle de gate keeper pour l’accès à l’emploi tertiaire qui représente 8 emplois formels sur 10, il n’a qu’une place congrue dans de nombreuses situations : on peut travailler ou avoir des échanges commerciaux en s’exprimant uniquement dans un créole à base anglaise ou en portugais du Brésil, par exemple. Une partie importante de la population peut ainsi avoir un degré de connaissance du français assez limité. Un problème important d’accès aux droits de la population en découle : accès à l’éducation, à la santé, à la justice et aux services publics en général qui s’adressent généralement en français à leurs administrés.

Chaque conférence plénière dure 30 minutes, et est suivie de 30 minutes de discussion.